jeudi 24 mai 2018

Silence











Tout est déjà dit.










Dans le chaos


(Parce que.
Je n'ai pas envie de me sauver et d'écouter des trucs solaires.
Je me suis déjà bien trop battue, laissez-moi énormément pleurer, faire une pause et revenir)


Tout a été si dur aujourd'hui.
Si dur...
Je ne trouve rien de doux en ce jour, je doute de l'importance de lutter pour ma survie, je doute de tout jusqu'à mon ombre.
Ce n'est même pas un doute, c'est l'exil de la volonté.
A quoi bon putain, à quoi bon ?

Je sais que c'est la dépression qui me chuchote ses horreurs, je sais que c'est elle qui froisse mes cils et les alourdit d'une rage avide, d'un chagrin insurmontable.
Mais là, ce soir, je n'ai pas le courage de me battre.
Je n'ai plus le courage.
Après une journée pareille, je baisse les bras. Je rends mon tablier et passe à la compta.
Ras la caisse.
A quel moment lutter pour me mettre à la verticale est un combat acceptable ?
A quel moment me remettre sur pieds est devenu capital ?
"Parfois le moral est si bas, je voudrais me foutre en l'air"


Les larmes, entre temps.
Je ne sais pas combien de temps.
J'ai trouvé une nouvelle posture de la larme, en boule sur le tapis, la tête sur un bout du canapé.
Je me sens...
Je vais me coucher.





mercredi 23 mai 2018

Entre les parallèles


(Parce que quelque chose me dit que ces personnages de type Je ne sais quoi mettre comme adjectif à l'instant puisque le mot "Je suis un chat et je frotte en rapido ma tête contre ton épaule" n'existe pas (et c'est décevant) préparent un truc. "18". Et ils ne s'installent probablement pas dans le Cher)



Soir frais, épaules frissonnantes.
Nuit et linge à ramasser, nouveau cactus qui attend sur le bureau.
Un orage se prépare, et sur ma cheville douloureuse une poche de glace à poser.



Je n'ai pas envie d'écrire ce soir.
Je n'ai rien à dire.

Je pourrais me plaindre un peu, de ce normal gênant. Celui de ma vie en parallèle, proche des autres mais de l'autre côté de la glissière de sécurité.
Je ne sais pas comment ça fait, de me sentir à ma place, normale et équilibrée.
C'est bête, de dire "normale", alors qu'on est normal qu'en réponse à une norme. Un fou n'est fou qu'aux yeux des autres, pour lui ce sont les autres qui sont fous.
C'est peut-être ça qui fait que je me sens si souvent à côté de la plaque : pour moi, les autres s'en sortent si bien. Ils n'ont pas de mal à se lever le matin, sont à l'aise socialement.
Je sens pourtant que ça évolue, que j'ai bien moins de mal à interagir avec les gens par exemple.
Mais quand même.
Dans la droite parallèle.

Mais chut, gardons le loin en discret au moins ce soir.



Ce soir, j'ai trouvé un pot de fleurs et demandé à une copine son arrosoir en doublon.
J'ai vu un pigeon sur le toit des archives départementales, vers 21 heures. On aurait dit qu'il était vigile du bâtiment, j'ai souri.
J'ai vu un paquet de morceaux de sucre sur une poubelle de la ville. Ouvert et presque plein. Mystère et boules de gomme.
J'ai vu des stickers géniaux sur des murs, pris des photos de trucs et de bidules.



Vague de douleurs dans la cheville, le chaos domestique attendra.
Le linge à sauver de la pluie en rôdeuse, glace sur l'articulation gonflée.

lundi 21 mai 2018

Airbnb


(Parce que ce sera un peu la BO de ce long apéro.
Avec des trucs que je vais imposer, tout de même.
J'ai du déjà mettre ça ici, mais c'est de circonstance. 
Je suis sûre que le billet posté mardi aura encore un titre d'eux, droits d'auteur et YouTube content.. 
Oh et puis hein, entre ce séjour, et puis Ça...
Donc.)



De cette affaire naît l'incongru.
Recevoir chez moi une inconnue plus si inconnue.
Moi, la vaguement sauvage qui peut passer un temps infini en solitaire. Qui a besoin de prends un temps infini en solitaire.

Sur le côté gauche de mon lit, j'ouvre un Airbnb.
Vous venez ?
Draps propres et serviette de bain.
Beaucoup trop de bières au frais, bien que ce "beaucoup trop" n'a jamais de raison d'être, et un dîner cool à préparer (par contre, bouffe de hippie !).
Bougies sur le pas de la porte, plantes arrosées et vite vite ce lundi.
Ok, l'eau chaude de la douche met du temps à arriver. Je me lave à l'eau froide, alors ça ne me dérange pas. Mais je comprends ce moment de flottement sur l'émail.



Je souris de sourires de vendredi, ravie d'un clin d’œil écrit en mini.
L'impression de créer de la magie, du burlesque en ravi.
J'espère que c'était au final joli.
Tant de rimes, c'est un tiercé... inouï.



Je vais faire des choses ce soir.
Etendre des chaussettes étranges, cerises et paillettes.
Pulvériser une compote.
Ranger des petits riens.

Et c'est faire Rien qui fait tout : on est là.
A faire sécher du linge, sentir l'odeur des pommes et des poires alors que.
Alors qu'on ne pensait pas arriver jusque là.

C'est cool, ce Rien.
C'est bien.
J'espère que vous êtes KABOUM ! et "Wahou !!" et "<3".

dimanche 20 mai 2018

Soir de deuil


(Parfois, dans mes soirs chagrins)



Il y a des soirs comme ça.
Quelques mots, dire et se raconter, confier et se détricoter, quand soudain, en grand, géant, néon et montagnes russes : il me manque.

Ce soir, j'aimerais l'odeur de son tabac dans la cour, son silence. Juste un rien de lui, du lui dans rien.
Si je me concentre fort, ferme les yeux, invoque avec tendresse violente et tendre violence son image, il sera là.
Vivre sans lui et avec sa mort.
Vivre sans lui et

Là, tout de suite, je regarde devant moi la clef dans la porte, et mes yeux en marée haute.
La nuit sera vaguement grinçante, viens me hanter s'il te plaît.

Respirer.
Evidemment, ça fait mal.
Mais je le fais bien, ce aïe.
Tout ira bien.



Alors, on se tient.
Des mots et trois choses magiques, on se tient.
Dans mon sac, tissu à nouer et sécateur, coin à fleurs débusqué à explorer, on se tient.
Pieds nus sur le tapis, muscles des bras en costaud Jojo, on se tient.
Des riens annulés pour l'honorer, on se tient.
On se tient ?
"Il y a ce rocher qui est bien, et ma main qui est là", ce qu'il a dit sur une plage il y a des années.



On se tient.
Tenez-moi.
Rocher un peu haut et pieds nus.
Depuis lui, dans mon pied gauche, un petit os arraché mal réparé.
Du deuil physique, à vie une dilution.



On se tient.

samedi 19 mai 2018

De la magie douce


(J'ai reçu un email concernant cet homme.
Je suis émue, touchée, fière.
La vie est un beau hasard.
Et je laisse quelques magies derrière moi, c'est doux)



Au réveil, j'étais déçue d'être moi.
Je n'aimais pas grand chose, je m'exaspérais d'être.
Mais j'ai su me sauver la peau, et c'est rassurant de voir que j'ai désormais les clefs.

Aujourd'hui, du beau en cotillon :
- Les gentillesses de la secrétaire du cabinet d'analyses, cette femme qui rit à mes blagues et mes contes du rien. Elle m'a dit que j'étais... Oh... Rougissement jusqu'au nombril.
- La discussion avec le chef du resto voisin, sur les histoires du quartier et mon potager urbain.
- La fleur ramassée par terre au parc.
- Le bière dans l'herbe avec les copains.
- Savoir que et sourire de.
- Les jolis emballages reçus, résultat d'un troc avec Elle Emballe.
- La merlette qui grignote dans la cour. Depuis trois jours, je me fais croire que c'est chaque soir la même invitée qui sautille sur le béton et piaille de joie.




Il y a le frais du soir, gilet dans lequel se glisser.
C'est mon gilet timide, celui dans lequel je peux me cacher théâtralement quand on me dit une beauté.
C'est toujours pratique, la rigolade quand on est gêné.
C'est un peu se saboter aussi, tourner en dérision le mignon.
Mais une étape à la fois, calmons-nous.



Dans quelques jours, la visite.
Une jamais rencontrée, papotages entre filles et une soirée.
En flash éclair, moins de temps qu'il n'en faut pour dire "magie d'Instagram et d'un jeudi en confettis".
Ça me rappelle le soir où des copains ont dormi à la maison. Deux dans la cuisine, deux sous une tente dans la cour.
C'est doux et ça me fait courir jusqu'à lundi (attends Mathilde, mets d'abord les bières au frais).

vendredi 18 mai 2018

Frissons d'été


(Petite danse hystérique dans l'appartement)



C'est l'heure des frissons d'été.
Ceux qui font grésiller la peau après le soleil.
Ceux qui délassent le dos mais crispent les bras.



Je ne sais pas trop quoi vous raconter.
Je ne sais pas si ça vous intéresse.



Il y a les sandales rangées dans le placard, le sac abandonné dans la cuisine.
Je suis rentrée vite vite vite, traversant en regardant encore moins que d'habitude, parce que j'avais très faim.
Là, tout de suite, il y a des messages de la rigolade, la tisane terminée et la petite vaisselle.
Le yoga qui m'attend (Love you Adriene, to the moon and back), le sommeil en tout léger.

Dans mon demain, il y a le grand test du granola fait cet après-midi (crevure de hippie), la sauge et le romarin à marier pour faire des bâtons de fumigation (crevure de hippie) et le running (crevure tout court). C'est un jour off (CREVURE !).



Je ne sais pas trop quoi vous raconter.
Je ne sais pas si ça vous intéresse.



J'ai vu un chien mignon très pressé, des moineaux patrouillés au-dessus de mon soir et mes plantes se noyer sous les sucs du sureau.
J'ai écouté de la musique dans le métro, pieds fourmillant des frappes rapides contre le bitume, sac glissant de l'épaule bronzée.



Prenez soin de vous.
C'est la grande heure, celle où on peut écouter le nouveau Beach House (le son d'hier, oui) et laisser le jour se diluer dans les petites ombres étirées.