jeudi 30 avril 2015

Note du Jeudi.

Savasana final, larmes sur le tapis, veille de 1er mai.
Demain, c'est son anniversaire. Ou son non-anniversaire, je ne sais pas comment on dit.
Ah, si, on dit "l'anniversaire de sa naissance". Comme pour les peintres, les écrivains, les gens morts il y a des lustres. Pas pour celles qui avaient seize ans.
Je crois que ça fait neuf ans. C'est fou, la mort.
Un jour, sa mort durera plus longtemps que sa vie.

Alors, voici les trucs qui me font sourire, là-maintenant-ici, parce que c'est comme ça qu'on avance :
- le mec qui marchait devant moi dans la rue avait des chaussures qui couinaient. J'ai beaucoup ri, parce que j'ai un humour peu exigeant.
- je connais un petit garçon de quatre ans qui a dit à sa mère, dans un café : "attends, je vais me fumer une clope en terrasse".
- être croc in love et ridicule. Battre des cils, se montrer intéressante (mes choix culturels sont vastes) et mignonne.
- mes collègues ont dit que j'étais "un poussin". Mignonnerie force 5.
- j'ai de nouveau des fossettes. Une petite fille a donc dit que j'avais "une tête de bébé".
- la tisane qui m'attend dans la cuisine.

La vie, c'est un truc quand même vaguement souriant.

mercredi 29 avril 2015

Note du Mercredi.

Je reviens du pub et vais faire du yoga.
J'ai minaudé, ri et croc-lové.


mardi 28 avril 2015

Note du Mardi.

J'ai cuisiné un énorme curry de légumes et envisage de nourrir mon quartier. J'ai entamé un cycle "Patate douce" et mesure l'étendue de l'aspect monomaniaque de mon alimentation.
Aujourd'hui, quand j'ai dit que j'étais vegan, on m'a dit "Je t'admire". C'était un peu chouette.

Léon dort sur mes genoux. Je l'écoute ronfler, soupirer.
N'ayant pas tellement de courage, là-maintenant-tout de suite, le prétexte pour rester comme ça est de bonne augure.

Ce soir, je vais faire une soupe, dérouler mon tapis de yoga et lire des livres jeunesse dans le canapé.

dimanche 26 avril 2015

Note du Dimanche.

Le dimanche, je ne mange pas.
Je bois des green smoothies et des tisanes, fais du restorative yoga, file en fin d'après-midi au pub boire un thé et essaie de comprendre le sens de la vie  comment mon chat dort. Léon (appelé aussi Jean-Michel Pouët-Pouët) a cette habitude surprenante d'utiliser sa queue comme oreiller-masque de sommeil.

Je n'aimais pas trop les chats avant.
Je les trouvais un brin hautains, toujours énervés, trop indépendants pour être aimants. Je trouvais les chiens bien plus joyeux, constants et fidèles. Peut-être parce que je n'ai eu que des chiens. Je suis parfaitement intenable quand je croise un chien. Je peux vous assurer qu'il y a matière à se moquer de moi. Je peux même être en retard parce que j'en ai croisé un. Je ne suis qu'amour, guimauve, voix tremblotante de joie et gratouilles derrière les oreilles.

Et puis finalement, c'est plutôt sympa, d'avoir un félin félon à la maison.
Léon est un chat de type costaud et fainéant, qui collectionne les cacas d’œil et les heures de vol en matière de sieste. Il a perdu des dents et des petits bouts d'oreilles, quand il faisait de la boxe dans les rues de Rennes.

Le dimanche, c'est le jour félin des jours en rien.


samedi 25 avril 2015

Note du Samedi.



Il y a le mystère, les sourcils froncés, la veste un peu grande pour un corps encore juvénile. Il y a les raisons obscures de ce mug shot, l'écriture pressée d'un flic. Il avait vingt ans et un nom écrit si vite que je n'arrive toujours pas à le déchiffrer. Un jeune homme résumé à une description policière.

"Build : Slim"

"Eyes : Hazel".

Il y a la mélancolie du temps qui passe, une fascination pour ce passé si lointain. S'installent chez moi des vies qui m'accompagnent.
Des cartes postales d'amoureux transits. Ils étaient au front en 1917, écrivaient l'amour et l'inquiétude avec fautes d'orthographe et pudeur. "Doux souvenirs d'un cœur qui t'aime".
Des photos de familles. Bébés joufflus, mères sérieuses, pères aux épaules raides, adolescentes timides.
Des cartes postales de religieuses à la Mère Supérieure. Sérieux et maladresse de courtoisie.
Des mugs shots parfois révoltants. Des noirs, des prostituées, des fous.
Des photos de troupes de cirque. Des éléphants, des chevaux, des acrobates.
Des photos de soldats américains. Muscles saillants sous marcel viril. Sourire à fossettes, tombeur de filles.

Comment voulez-vous être seul quand il y a tant de beau monde avec vous ?

vendredi 24 avril 2015

Note du Vendredi.

Je mange de la sucrine avec des raisins secs et des amandes, du citron et du gomasio. J'ai bu une bière au travail, dans la salle de repos. J'ai du coup les joues roses et le nez froid, la pluie arrivant doucement mais sûrement.

Ma soirée va se résumer à faire du yoga et lire Back Up.
Mon weekend va se résumer à faire du yoga, boire des green smoothies, acheter des fruits et manger un pad thaï cru et croc-miamant.

jeudi 23 avril 2015

Note du Jeudi.

Je mange des choux de Bruxelles avec plein d'ail semoule, trouve cette idée saugrenue et me dis que je commence souvent mes notes par ce que je suis en train de manger. Mon régime alimentaire étant lapinesque, il n'y a pas d'informations cruciales.
Je flotte dans mes pantalons et envisage de les scotcher à moi.

Mon allergie au soleil dévore mon coup de petits bobos palpitants.
Je vais faire une tisane de grand-mère et rêvasser dans le canapé, en attendant le soir et le tapis de yoga déroulé à la lueur des bougies.

P.S.: Je vous fais rêver avec mes choux de Bruxelles et ma tisane, je sais.

mardi 21 avril 2015

Note du Mardi.

Je mange un saladier de sucrine avec du vinaigre de cidre et du gomasio. Et des falafels qui ne ressemblent plus à rien mais qui peuvent clairement m'aider à affronter l'après-midi. Je crois que je n'en ai jamais mangé des vrais. Des frits. Je fais un réel blocage sur ça, les trucs frits. Je me demande si ce n'est pas parce que je suis certaine qu'une friteuse et moi, ça court à l'accident domestique.
Ce mardi est bercé de vert. Vert smoothie matinal, vert sucrine, vert thym et romarin reçu par la Poste, vert espoir, vert "on n'est que mardi ?!", vert thé qui infuse dans la cuisine.

J'ai lu une BD jolie. Transat. Par Aude Picault. Il y a le crayon fou, des traits assurés et désarmants de beauté. Il y a la mer, la voile, l'ailleurs, et c'est beau.

Mon thé est prêt. Il s'appelle Oiseau Lune. J'en déguste le nom devant la fenêtre. Vert bourgeons, vert mousse, bleu du ciel. Bleu si bleu du ciel.


lundi 20 avril 2015

Note du Lundi.

Il y a le retour, à pas feutré, un peu honteux sans raisons raisonnables.
Je suis du genre fugitive, bandit de grands chemins, loup solitaire de mers déchaînées.

Ces derniers mois.
Ces derniers mois, j'ai lu de plus en plus. Nous en sommes actuellement à presque cinq livres par semaine. J'ai débranché la télé, tout m'y insupporte, m'irrite, me crie dessus, m'exaspère.
J'ai arrêté de courir, parce qu'un matin, c'était là. Je me suis dit que je n'aimais pas ça. Je le faisais parce que je le devais. C'était fou, j'ai senti comme un poids énorme s'envoler. Et j'ai déroulé mon tapis de yoga chaque jour avec une joie toute labrador. Le matin, au réveil. Puis dans la journée.
J'ai désormais les cheveux de Jean Seberg mais envisage depuis ce matin de les faire repousser. Gageons que je sois un jour constante.
Un garçon, the english guy from the pub, me plaît. Je l'aide parfois pour ses cours de français et me sens stupide et moche souvent.
Je travaille dans une maison de quartier, raconte des histoires en faisant les voix (évidemment) et reste parfaitement déterminée à travailler entourée de bouquins.
Léon, mon gros chat, est devenu Léon, mon chat. De huit kilos de monstre gentil, on est passé à quatre kilos d'élégance féline. J'aime me dire qu'il a perdu une moitié de chat, une moitié de lui. Sans la névrose.
J'ai trié beaucoup de choses chez moi. J'ai eu besoin de calme, de clair, de vide.
Ces derniers mois.