vendredi 18 septembre 2015

B. et moi

Il y a un truc étrange, un non-dit tapi dans nos silences, une langueur dans le regard qui devra filer doux. Je fais tout pour parler d'ailleurs et de loin, pour parler de rien, très vite et très fort. Entre B. et moi, entre les années qui filent, entre les mots et les gestes qui nappent.
Je me dis que c'est passager. On a perdu un de nos amis. Un truc sale et moche. Notez que je dis "truc" pour masquer les complications. Entre B. et moi, il y a donc une relation étrange. Et notre ami est mort, de la mort sale et moche, parce qu'il ne peut en être autrement. Alors entre B. et moi, il y a eu les larmes, les cris, les coups, la haine et le réconfort. Entre B. et moi, il y a des cafés bus à cinq heures, des danses endiablées dans la cuisine à minuit, des soupirs et des silences. Entre B. et moi, il y a son audace et ma mélancolie, ses tournées et mes pages noircies, Entre B. et moi, il y a ses cheveux encore plus longs que les miens, ses histoires tatouées. Entre B. et moi, il y a mes joues qui se creusent, mes muscles de femme apaisée. Entre B. et moi, il y a des pointillés trop doux pour être honnêtes, il y a tout un gouffre. Je me demande si c'est parce qu'on s'est retrouvé un peu bancal après la mort de T., pulvérisés pulvérisés pulvérisés, hachés hachés hachés. Je me demande si je veux ça alors que je ne veux rien, je me demande si je le veux lui alors que je ne veux personne.

Je me demande comment tout ça a commencé. Un regard trop appuyé, des lèvres trop proches, un soupir à l'oreille, des bras trop serrés. Je me demande comment tout ça va terminer.

mardi 15 septembre 2015

Les petits roupillons et moi

Je me lève tôt.
Tous les jours.
Entre cinq et six heures.

La sieste s'ajoute désormais à la liste de mes bonheurs quotidiens. Je suis loin d’être exigeante, c'est fou. Globalement, mes joies tournent autour de tellement de choses que je pense être un peu heureuse en ce moment. Ou alors j'ai enfin compris que ce n'était pas absolu, cette hérésie. Que ce n'était pas un état, mais une quête.

Sur ces considérations philosophiques de la plus haute importance, je vous présente mes hommages.

samedi 5 septembre 2015

Philippe Delerm & le rhum arrangé.

Notez mes petits doux que ça me fait bizarre de donner un titre à un billet, un vrai titre et pas une date (quelle feignasse je fais). En parlant de date, me revient toujours en tête cette contrepèterie classique et un brin désuète à chaque fois que je dis "On n'a pas le choix dans la date" (cherchez un peu si vous ne la connaissez pas). J'ai toujours l'impression de me dédoubler et m'observer avec angoisse (vous avez trouvé alors ? C'est crade, hein ?). Bref.

Philippe Delerm a encore sorti un bouquin. Ça m'a fait repensé à un garçon avec qui je lisais "La première gorgée de bière", écoutait Damien Rice et buvait du rhum arrangé. Vu qu'il était plus vieux que moi et que j'étais parfaitement cliché, j'avais un mélange d'admiration et d'intimidation à son égard. Et puis j'ai grandi, il a vieilli, j'ai aimé d'autres garçons, il a eu un fils, je suis ici et je ne sais pas si il est là. Bref.

Il y a toujours un truc qui nous faire repensé à un garçon, je trouve ça un peu contrariant. Comme un passé amoureux/sexuel/honteux qui surgit sur le trajet. Enfin, pour être honnête, quand je dis "j'ai aimé d'autres garçons", c'était plutôt "j'ai aimé un garçon". J'ai beaucoup repensé à lui ces derniers jours. Il s’appelait T., il était californien et barbu, et je l'ai vraiment aimé. On a rompu sans larmes, sans cris, ce qui fait que j'ai un attachement particulier à lui. Bref.

Bref.