lundi 17 octobre 2016

Nous nous sommes retrouvées.

Je sentais bien qu'elle m'appelait. Elle insistait un peu, je la trouvais fatigante mais je ne voulais pas perdre mon calme. Elle sait ce qu'elle fait, elle sait comment creuser son trou, faire sa trace dans le canapé. Elle est très douée dans son domaine.
Elle est là, depuis quelques jours. Je n'en suis encore qu'au début, au moment où je braille un peu parce qu'elle prend toute la place. Parce que je veux qu'elle se cache, mieux que ça, et vite vite vite. J'essaie de faire demi-tour, mais ça ne marche pas comme ça.
C'était ma hantise, et maintenant, on y est. En moins de temps qu'il n'en faut pour dire "épisode dépressif".
Je remplis un carnet des horreurs, sous une jolie couverture. Des dessins, des découpages, des mots. Pour la traquer, me cacher derrière les rideaux et surgir en criant "BOUH !". Mais surtout, surtout, pour faire quelque chose d'elle. Je marche un peu la nuit. J'observe mon reflet soucieux dans le miroir. Pendant ce temps, elle a la main mise sur mes matins et mes souffles crispés. Elle orchestre les larmes sous la douche et prend mes livres.

Te revoilà, toi...

4 commentaires:

  1. Encore un beau texte pour parler d'une maladie qui ne l'est pas

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  2. Exact. Une maladie qui ne l’est pas. Un symptôme bien réel. Je m’en demande encore, comment on prétend la « soigner ». Autant l’accompagner, ce putain de spleen, il est plus réel que n’importe quoi. Il partira ��

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    1. C'est quelque chose d'encore très peu étudié, et encore tabou.
      Je crois que ça grignote beaucoup d'acquis, floute la perception qu'on a de nous-mêmes.

      Je vais essayer de faire un billet conséquent et "utile" (avec tellement de guillemets) sur ce sujet, j'espère que ça pourra aider...

      Des bises, et merci d'avoir pris le temps de me lire et laisser tes mots ici !

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